Justice has been murdered - USA killed Troy Davis - faithfull - confidence in democraty

Photo: ERIK S. LESSER/AFP
  • "The struggle for justice doesn't end with me.
    This struggle is for all the Troy Davises who came before me and all the ones who will come after me. I'm in good spirits and I'm prayerful and at peace
    ."
    Troy Davis - Amnesty International USA
    Trad: "La lutte pour la justice ne se termine pas avec moi. Cette lutte est pour tous les Troy Davis qui étaient là avant moi et tous ceux qui le seront après moi. Je suis serein, croyant, et en paix."
  • "Aujourd’hui, la Géorgie n’a pas seulement tué Troy Davis, elle a aussi tué la confiance de tous les soutiens de Troy, à travers le monde, dans le système judiciaire aux Etats-Unis", déclare Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France.
"Après quatre heures d’une insoutenable attente, teintées d'espoir et d'angoisse, Troy Davis a été exécuté à 5h08 (heure de Paris). En effet, trois minutes après l’heure d’exécution prévue, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé de se donner un délai pour examiner le recours des avocats de Troy Davis. Recours qu’elle a rejeté sans motivations.

Pour lui, pour sa famille, pour tous les condamnés à mort qui nous sont moins familiers mais exposés à la même souffrance, à la même cruauté, nous devons poursuivre avec d’autant plus d’énergie notre combat pour l’abolition, partout, toujours".
Geneviève Garrigos - Amnesty International France
si le cas de Troy Davis est exemplaire, celui de Lawrence Brewer est emblématique [K.Kintzler]

Cette nuit, Lawrence Brewer du KKK a aussi été mis à mort
Catherine Kintzler | Philosophe:
(...) Condorcet disait:
Le principe de la peine de mort est condamnable car la peine est par sa nature même absolue et définitive, irréversible.
Or une décision dont les effets sont absolus et irréversibles devrait être prise en vertu d'une procédure assurant une certitude absolue, sans aucun risque d'erreur même infime.

On me répondra (
Catherine Kintzler) que dans un cas (qui est très probablement celui de Lawrence Brewer) où on a une entière certitude sur la culpabilité, on peut prendre une décision de cette nature…

Mais Condorcet répondrait que la loi est générale : c'est donc la procédure (et non son application particulière à tel ou tel cas) qui doit donner une assurance de certitude absolue, pour tous les cas, existants et à venir. C'est pourquoi, si le cas de Troy Davis est exemplaire, celui de Lawrence Brewer est emblématique : ce qui rend la peine de mort condamnable en son principe n'est pas l'erreur commise sur tel ou tel, c'est qu'aucune procédure ne peut garantir qu'on ne commettra pas d'erreur. Il faut donc récuser la peine de mort parce que le risque d'erreur, fût-il infime, est nécessairement présent, parce qu'aucune procédure ne peut assurer qu'aucune erreur ne sera commise. (...)

(...) il est bon et salutaire de s'émouvoir de l'exécution d'un Noir innocent ; mais c'est une faute de ne pas s'alarmer de l'exécution d'un meurtrier blanc tortionnaire et raciste. Lire l'art. complet

A voir:
Photo: Amnesty International

6 commentaires:

krn a dit…

Il y aurait beaucoup à dire et je vais commencer par ce qu'on nomme la raison d'état, c'est à dire que la justice aux USA a toujours raison, même lorsque les preuves sont contraires.
Il y avait, au 1er janvier 2011, 3251 personnes dans les couloirs de la mort aux USA (dont 721 pour le seul état de Californie).

La Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant - qui prohibe l'exécution de délinquants mineurs - a été ratifiée par tous les pays du monde, sauf la Somalie et les Etats-Unis.

krn a dit…

Les Vikings, décrits comme des barbares dans nos manuels scolaires étaient en avance d'un millénaire, socialement parlant.
Concernant le bannissement, il faut dire que toute la terre n'étant pas "possédée", les exclus avaient des terres inconnues pour recommencer une vie, à présent, même la lune étant colonisée, je ne vois pas où ils iraient.

Laorans a dit…

Concernant la peine de mort, j'ai trouvé la réflexion de Catherine Kintzler intéressante, quand elle fait le parallèle avec le pire: Lawrence Brewer, condamné à mort pour crime raciste et ancien membre du Ku Klux Klan.
Pour lui la condamnation à mort paraitrait "logique", toutes les preuves étant réunies.
Pourtant, il s'agit d'être contre l'application de la peine de mort.

Concernant les Vikings, il est vrai qu'il n'existe plus de terres inconnues pour bannir les gens.
L'Islande et le Groenland on été découvertes, peuplées grâce à ça.
La notion de justice était très importante chez le germain en tant qu'Homme libre.
Ce que je trouve très intéressant c'est l'importance qu'ils ont donné à la jurisprudence. Aussi le fait que pour eux, seuls les Dieux avaient droit de vie ou de mort.
Ces dits "barbares", ont peut être permis cette sagesse scandinave que l'on connait aujourd'hui.

Laorans a dit…

Je tiens à préciser que concernant Lawrence Brewer, je ne soutiens évidemment pas ce sombre personnage.

J'ai trouvé le discours de Kintzler intéressant, car il va au-delà des notions un peu binaires que nous servent certains.

Michel Foucault a aussi très bien parlé de notre justice. Que j'ai lu sans prétendre maitriser.

krn a dit…

Je suis contre la peine de mort, même pour les pires assassins. Personne ne devrait se sentir assez puissant pour décider de la vie et de la mort des autres.
La peine de mort mais aussi la guerre, qui est une sorte de peine de mort appliquée à tout un peuple.

Malgré l'horreur de certains crimes comme celui de Lawrence Brewer ou, plus récemment, le massacre commis par Anders Behring Breivik en Norvège, je pense qu'on a le droit d'exprimer ses sentiments, colère ou tristesse, mais la vraie justice n'est pas celle qui venge les victimes, c'est celle qui reconnait la douleur de ceux qui restent et les entoure, mais qui admet également que quelque chose ne fonctionne pas dans la société pour que des personnes en arrivent à ces extrémités.

Laorans a dit…

Je suis entièrement d'accord avec toi.
Il m'a fallu du temps avant d'en arriver à penser de cette façon. Avant d'intégrer, car ça n'est pas chose naturelle en général (enfin ça dépend pour qui).

J'ai hésité à mettre l'analyse de cette philosophe, mais cela m'a paru important de montrer un autre angle de vue sur la peine de mort.